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février 2016
A propos du concert du 5/02 par l'EDIM

A propos du concert du 6/02 par l'EDIM

 

Vu par Sarilou VENNING. Chanteuse. Elève en prépa DEM Jazz

 

Le Illtet quartet a donné lieu à son premier concert le 5 février à l'espace André Malraux.
Créé par Mike Ladd, rappeur, beatmaker, regroupant dans cette formation des personnalités musicales hétéroclites, associant des instruments électroniques (type pad, machine et synthé et ordinateurs), avec des instruments plus acoustiques tels qu'une guitare et une batterie.
Leur prestation est essentiellement basée sur de l'improvisation directe. Ce qui est à la fois nouveau d'y associer de la MAO (musique assistée par ordinateur), même si celle-ci est programmée à l'avance.
Se déroulant autour d'un motif joué a la guitare par Jeff Parker (guitariste dans The Tortoise), Hprizm (Mc) créait une texture sonore au moog (clavier) et en y ajoutant des effets. Le batteur, David Frazier suit rythmiquement le groove du guitariste, tout en s'adaptant aux samples de batteries lancés par Mike Ladd.
Jouant avec ces rythmes imposés et brodant autour, le jeune batteur new-yorkais, amène avec aisance de la nouveauté à ces "beats"qu'on retrouve essentiellement dans les premiers samples de hip hop.
En quelque sorte, on associe là une musique improvisée acoustique basée sur des motifs qui se développent, avec de la MAO. Le rendu n'est pas toujours agréable, cause de volume sonore, les effets produits par les machines agressent et sont peu clairs. On ne perçoit pas toujours ce qu'ils cherchent à exprimer. Les nappes de bruits, ou apparitions de samples ou les effets de synthé apportent peu à l'improvisation collective.
Sur ces grooves, Mike Ladd et Hprizm rappent des textes. Evoquant l'histoire de leurs ancêtres, la politique, le no future... Sujets qu'on retrouve souvent dans le spoken word. Il n'est pas tout le temps simple de comprendre ce qui est cité. Ce qui est dommage car en associant la musique avec le texte et le texte avec la musique, cela permet aux spectateurs et aussi aux musiciens de comprendre ce qu'ils racontent et pourquoi ils le racontent. Et c'est ce que nous cherchons tous, une énergie, un lien qui nous réunit alors que nous ne connaissons pas. Alors c'est là où l'art intervient, réunissant l'artiste qui produit et le spectateur qui reçoit. "L'art est le plus court chemin de l'homme à l'homme" André Malraux .
Le Illtet laisse à désirer. Sur ce, il a su éveiller la curiosité grâce a sa fraîcheur et sa nouveauté.

 

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Nous retrouvons en deuxième partie de soirée, Marc Ribot's Ceramic Dog. 
Ne connaissant seulement son interprétation de Take 5. Ce soir-là, j'ai pu faire la très belle découverte de ces musiciens.
Marc Ribot est accompagné de Shahzad Ismaily jonglant entre la basse, la guitare, moog, et aussi "boîte à rythmes", avec Ches Smith à la batterie, percussions et ainsi que pad.
Cette formation, brute, qu'on retrouve souvent dans le rock, tout comme dans le jazz, mais là, l'énergie, et le son de ce trio nous tend vers le rock. Utilisant des effets sur la guitare (disto, crunch, saturation), la couleur punk est de suite annoncée. Soutenue par une batterie qui éclate, et une basse profonde, répétitive,et entrainante, une musique enivrante, accueille la voix rauque de Marc Ribot. «Internet Masters » sont ses premières paroles, dénoncant les obscénités d'internet. De suite cela nous fait penser à « God save the queen » des Sex Pistol. Créée dans les années 80, cette musique enflammée, est là pour dénoncer et contester les failles de notre système. A cette époque, dans un climat de guerre froide on criait un monde sans futur, l'abandon des politiciens à l'égard des classes moyennes et ouvrières, et bien-sûr le début de notre société de consommation massive. Aujourd'hui nous avons encore des dilemmes politiques et sociaux pour lesquels nous devons encore nous battre.
Et l'art et la musique sont des outils précieux pour militer, et à la fois exprimer nos joies, peurs, souffrances et nos espoirs en un monde meilleur.

Cependant, les Ceramic Dog ne nous offre pas non plus un concert revival de ces années phares.
Il y a de la nouveauté. Exercée par une recherche rythmique et sonore. Le batteur ne fait pas un simple accompagnement rock, celui-ci joue autour de Marc Ribot et Shahzad, qui eux gardent souvent un motif ou une phrase en boucle. Il revisite le rythme en le découpant, le saccadant, il dispose d'une entière liberté.
Dessus, Marc Ribot, chante, prend des solos, fait hurler sa guitare. Ces morceaux ont une forme assez pop, avec des refrains entrainants, qui donnent envie de bouger plus que la tête. Pourtant, on ne saurait sur quel pied danser tout le temps, avec des parties asymétriques, ce qui pourrait donner un aspect plus cérébral à cette musique. Mais au contraire, l'envergure avec laquelle joue ce trio, fait que le spectateur ne lâche rien de cette prestation. L'énergie transmise est si puissante qu'elle en donne des frissons.
On ressent une maitrise de la densité et une atmosphère régie par un son commun. Les musiciens sont ensemble, un vrai moment de jeu, et de partage.
Lorsque Marc Ribot chante seul accompagné de sa guitare, on entend une face plus sensuelle de sa voix, qui nous rappelle la scène underground new-yorkaise des années 70', où Lou Reed and The Velvet Underground ont fait leurs débuts.

C'est un concert qui a laissé un public à l'unanimité, avec deux rappels.
Marc Ribot's Ceramic Dog nous laisse a croire que le « Punk is not dead »

 

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