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mardi 3 février
NAISSAM JALAL / DHAFER YOUSSEF

NAÏSSAM JALAL & RHYTHMS OF RESISTANCE


NAÏSSAM JALAL FLUTE, NAY / MEHDI CHAÏB SAXOPHONES TENOR, SOPRANO / KARTSTEN HOCHAPFEL GUITARE, VIOLONCELLE / MATYAS SZANDAI CONTREBASSE / FRANCESCO PASTACALDI BATTERIE

 

Surnommée « The Lady Flute on the Groove » par maître Remy Kolpa Kopoul, Naïssam Jalal est l'une des plus captivantes découvertes récemment faites sur la prolifique scène improvisée française. Grâce à elle, la rencontre entre cultures musicales différentes prend sens et dynamique, dans la continuité des questions que se posait John Coltrane avec ses recherches modales, ou de l'exploration des traditions du monde entier par Don Cherry. Naïssam Jalal doit beaucoup aux intuitions de ces illustres prédécesseurs. Et si un batteur comme Hamid Drake l'apprécie autant, c'est qu'elle concrétise aujourd'hui la dimension d'imaginaire de ces rencontres.

 

Née à Paris de parents syriens, Naïssam Jalal a étudié au Conservatoire, tout en rejoignant, très jeune, la fanfare Tarace Boulba - histoire de se confronter d'emblée au groove. Sa curiosité l'amène à partir pour Damas, retrouver la richesse de ses racines et de la musique orientale. Elle s'initie à la flûte nay au Grand Institut de musique arabe de Damas, et prolonge ses recherches auprès du maître égyptien, et violoniste, Abdu Dagher. Au Caire, elle participe à la création de nombreux groupes et joue régulièrement avec le joueur de oud Hazem Shaheen, avec qui elle se produit dans toute le Proche-Orient et jusqu'à l'Institut du monde arabe à Paris. Exploratrice de toutes nos modernités, elle partage la scène avec le rappeur libanais Rayess Bek en 2006, année de son retour en France. La flûtiste joue dès lors avec d'innombrables musiciens de la scène parisienne et internationale, de Tony Allen à Napoleon Maddox.

 

En 2011, Naïssam Jalal fonde le très cosmopolite ensemble " Rhythms of Resistance " avec quatre musiciens talentueux aux origines nationales différentes (Maroc, Italie, Hongrie, Allemagne). Deux années plus tard, le quintet a atteint une remarquable maturité, sachant (se) jouer de toutes les confrontations, de tous les télescopages. Une multiplicité d'apports et d'influx conjugue passionnément les influences, les registres, et fascine. Le sens du rythme, la plénitude de l'élan et des improvisations où se retissent les liens entre jazz et musique savante, musique européenne, musique orientale, sont l'occasion d'autant de traversées du miroir entre les champs esthétiques. Ces " Rhythms of Resistance " nous rappellent alors qu'en dehors de tout logo ou slogan, résister est une idée éternellement neuve, salubre et salutaire, qui refuse les formatages du sensible.

 

 

 

DHAFER YOUSSEF QUINTET


LE DHAFER YOUSSEF SYMPHONIC ORCHESTRA (26 CORDES)


LAURENT GOOSSAERT DIRECTION / FREDERIC NOREL ARRANGEMENTS / DHAFER YOUSSEF OUD ET VOIX / KRISTJIAN RANDALU PIANO / EIVIND AARSET GUITARE ELECTRIQUE / PHIL DONKIN CONTREBASSE / CHANDER SARDJOE BATTERIE


Dhafer Youssef est l'un des grands maîtres actuels du oud et du chant soufi, associant à merveille cette culture ancestrale à la modernité du jazz et des musiques improvisées. Né à Teboulba, en Tunisie, en 1967, il s'installe en 1990 à Vienne, ville du cœur de l'Europe et point de rencontre historique (légendaire, aussi), centre de ralliement ou de distorsion entre Orient et Occident. Il revit depuis à Tunis.

 

S'il a joué avec de nombreux musiciens européens, Carlo Rizzo, Renaud Garcia-Fons ou Nguyen Lê, comme lui chercheurs en confluences, Dhafer Youssef s'est également aventuré vers les pointes décapantes de l'expérimentation et des musiques traditionnelles : la tempétueuse chanteuse sibérienne Sainkho Namchylak, la "volage" violoniste et chanteuse tchèque Iva Bittova, sans oublier, Autriche oblige, les incontournables Linda Sharrock et Wolfgang Pushnig. Quatre albums sont emblématiques de cette audacieuse itinérance : « Malak », en 1998, sera suivi d'« Electric Sufi » qui mêle mysticisme arabe et sonorités actuelles (jazz, funk, électro...). Cette démarche sera complétée par la rencontre avec la scène électro scandinave dans « Digital Prophecy », en compagnie de Nils Peter Molvaer notamment. En 2010, « Abu Nawas Rhapsody », sur lequel Tigran Hamasyan tient le piano, ose le rapprochement entre graines lyriques (Abu Nawas fut, à Bagdad, l'un des immenses poètes profanes arabes du IVème siècle) et grooves épiques.

 

Pour sa venue à Sons d'hiver, Dhafer Youssef a conçu une création, à laquelle il travaille depuis des mois, et qui témoigne de l'un de ses nouveaux centres d'intérêt : la rencontre passionnée entre oud, jazz et orchestre à cordes de type symphonique.


Sachant que l'écoute de sa musique fascine toujours par le soin apporté au déploiement d'un espace résonnant : les notes se succèdent avec une ample respiration, même dans les moments les plus rapides, riches en déferlements improvisés. Tout se passe comme si la vibration de chacune d'entre elles visait à la plénitude du son. Par graduation subtile, la moindre note s'étend et se distend jusqu'à sa disparition, sa dilution complète dans le silence. Et la musique devient alors comme une méditation sur notre présence au monde, expression et appréhension de la dimension cosmogonique de toute existence. Sagesse soufie. Le oud et le chant de Dhafer Youssef semblent s'échapper vers les espaces infinis des déserts sahariens, où ils retrouvent cette autre vision universelle qu'est le jazz. Night in Tunisia, disait Dizzy Gillepsie.


C'est précisément au niveau de ces graduations, de couleurs et de timbres, de subtilités, que Dhafer Youssef veut faire intervenir les cordes, l'approfondissement des cordes. Attaques puissantes, recoins introspectifs, demi-teintes autorisées par la dimension orchestrale... tout est possible, comme pour un voyage surprise et fantastique.

 

 

EN CONCERT LE 12/02 À RUNGIS, PLUS D'INFOS ICI.

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