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jeudi 13 février
EMILE PARISIEN / BB&C LE 13/02 À IVRY S/ SEINE

EMILE PARISIEN QUARTET


EMILE PARISIEN SAXOPHONE / JULIEN TOUERY PIANO / IVAN GELUGNE CONTREBASSE / SYLVAIN DARRIFOURCQ BATTERIE


Si vous avez aimé « Au revoir porc-épic », « Original pimpant » et le tout dernier « Chien-Guêpe », les prochaines précieuses trouvailles de nos chers et fougueux explorateurs d'origines toulousaines (le conservatoire de Toulouse pour tous, et le collège de Marciac pour deux d'entre eux), et leur nouveau répertoire, devraient vous ravir.

Depuis 2004, le quartet d'Emile Parisien ne cesse de nous étonner. Il s'agit de jazz moderne, c'est entendu, contemporain même, inventif indéniablement, voire free. Mais à l'alignement mécanique de ces qualificatifs s'est peu à peu superposé un ensemble immédiatement et réellement reconnaissable. Avec thèmes et alliages sonores sans œillères, énergiques en diable. Vérité d'expression qui touche en plein dans le mille. Refonte constante des certitudes, de l'écoute musicale et de ses règles. L'air de rien, le quartet a rejoint des zones éloignées de langages esthétiques, que les audaces des avant-gardes de tout poil (free, jazz, rock et compositions contemporaines) permettent d'explorer. Soit un possible renouveau, aussi passionnant qu'exigeant.

 

Quant à leurs antécédents, ils parlent pour eux, comme on dit, pour leur indépendance d'esprit et leur curiosité. Si Emile Parisien a appris auprès de Guy Lafitte et Pierre Boussaguet, côtoyé Johnny Griffin et Bobby Hutcherson, joué très tôt avec Daniel Humair et Michel Portal, il n'en a pas moins étudié, par lui-même aussi, les grands compositeurs contemporains du XXème siècle. Le pianiste Julien Touery présente en apparence un profil beaucoup plus jazz. C'est pour mieux affirmer son goût prononcé du free, de l'improvisation et des compositions étendues. Ivan Gélugne, le contrebassiste, et musicologue, s'est perfectionné auprès de Joëlle Léandre, de Ricardo Del Fra ou de François Rossé. Quant au batteur, Sylvain Darrifourcq, de ses premières amours rock, il a gardé un intérêt pour le paroxysme, le "désencadrage" à partir d'une assise rythmique évidemment impeccable. Ces quatre-là sont donc habités de l'audace indispensable pour régénérer la musique, et prendre le contrepied de trop nombreuses contrefaçons, dans l'engourdissement généralisé d'un jazz réduit à son image. Car on oublie trop souvent de citer Frank Zappa (qui vénérait Eric Dolphy ou Roland Kirk) et aurait adoré Emile Parisien, et qui se méfiait déjà de ces contrefaçons : « Jazz is not dead... it just smells funny ».

 

 

 

 

BB&C - TIM BERNE, JIM BLACK & NELS CLINE


TIM BERNE SAXOPHONE / JIM BLACK BATTERIE, MACHINE / NELS CLINE GUITARE

 

Vous êtes bien sur les ondes de la BB&C, quoique ses programmes aient été piratés et diffusent désormais une puissante polyphonie, un éreintement patient et halluciné de la table des matières sonores, par trois intarissables improvisateurs. Un saxophoniste obstiné jusqu'à de somptueux effondrements dans l'incantation ou dans l'intempérance. Un guitariste dont les radiations électriques lèvent et déchirent le voile des sons. Un feu follet de la batterie jetant son ancre dans chaque goutte de bruit.

 

En réalité, Tim Berne, Jim Black et Nels Cline se connaissent depuis toujours.
Depuis le tournant des années 80 pour Berne et Cline, quand le saxophoniste dirigeait le label Empire Records avec Alex Cline, frère jumeau et néanmoins batteur du guitariste.


Depuis le tournant des années 90 pour Berne et Black, au sein d'un ensemble, Bloodcount, qui marqua l'histoire contemporaine des musiques créatives.

 

Chacun des membres de ce nouveau trio entretient, par ailleurs, un rapport avec les formes les plus immémoriales ou les plus aventureuses du rhythm'n blues et du rock. Berne via son amour immodéré pour la soul de Stax et de Motown qui, conjugué avec sa découverte de « Dogon A.D. », le disque et le chef d'œuvre de celui qui allait devenir son mentor, le saxophoniste de free jazz Julius Hemphill, décida de son orientation musicale. Cline via sa participation, depuis 2004, aux expériences de Wilco, groupe qui a réussi la surprenante gageure de mâtiner pop et country de noise et d'improvisation (et l'on pourrait également mentionner son ancien compagnonnage avec Thurston Moore).

 

Black avec sa propre formation AlasNoAxis, qui a renouvelé les codes d'un certain jazz-rock, en n'oubliant ni l'exigence structurelle du rock progressif, ni les manipulations sonores du post-rock.

 

Ce que l'on sait, ce que l'on peut dire de Tim Berne et de ses propositions de jeu, à l'origine de cet évident regroupement (il fut l'initiateur d'un trio à l'instrumentation similaire, Big Satan, avec Marc Ducret et Tom Rainey), c'est qu'il aime les lentes métamorphoses et les brusques clivages. Il aime travailler des thèmes comme des incrustations faisant riper la musique, ou comme des ombres passant processionnellement, d'une vadrouille presque nonchalante à un raidissement de tous les sons et de tous les sens. Un pétrissage inexorable de l'intensité qui va s'alanguir invinciblement et éclore en paroxysme.

 

Si Berne est un tel contorsionniste, c'est aussi parce qu'il a entendu le message de Julius Hemphill, et qu'il s'est fait l'exact continuateur de cet « art de la conversation » par lequel son ancien professeur définissait l'acte d'improviser : « Julius et moi parlions souvent de la magie de l'improvisation collective, de l'identité sonore d'un ensemble, que vous pouvez à la fois décider et éprouver. A ce niveau, ce ne sont pas les instruments qui sont pertinents, mais les individualités et leur façon d'inventer une communication. Si nous atteignons cette communication ensemble, si nous permettons à cette chimie de se produire, le vocabulaire suit infailliblement. D'où la nécessité de s'entourer d'amis pour jouer. Je ne dis pas exactement à mes musiciens ce qu'ils doivent jouer, je les mets simplement en situation afin que nous puissions prendre le maximum de risques. Vous êtes concentré, mais pas forcément conscient : se perdre tout en restant attentif... »

 

Soyez donc assurés que BB&C joue le tout pour le tout, et laissez-vous aller.

 

 

 

 

CONCERT LE 13/02 AU THÉÂTRE D'IVRY ANTOINE VITEZ, RESERVEZ VOS PLACES ICI.

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