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22/01/15
JAZZ POETRY, POÉSIE ET MUSIQUE À SONS D’HIVER

« Sacré le saxophone rugissant ! Sacré l'apocalypse bop. »
Howl, Post Scriptum. Allen Ginsberg

 

JAZZ POETRY, POÉSIE ET MUSIQUE À SONS D'HIVER

Ou le rendez-vous des « Mots-Sons-Puissance » ...

 

Langston Hughes, Gil Scott-Heron, Anthony Joseph, Jacques Rebotier, Salman Masalha, Hassan Najmi, tous poètes, verront leurs verbes et sonorités verbales au cœur de l'aventure musicale de ces Sons d'hiver #24.

 

D'essence profonde, Jazz et Poésie ont une relation artistique depuis l'origine primitive de la musique afro-américaine : « Le jazz a eu besoin de la poésie car tous les blues du profond Sud sont bâtis sur des tiercets de trois vers qui sont, à travers l'âme du peuple noir, très naïfs et très émouvants. » Louis Armstrong

 

 

Langston Hughes lie dès les années 20 son aventure poétique au destin du jazz. Il se produit sur scène avec Earl Hines ou Ben Webster, enregistrant en 1958 son Weary Blues - primé meilleur poème de l'année en 1925 - avec Charlie Mingus. Le poète-héros de la « Harlem Renaissance » se consacre à l'écriture de poèmes-blues. Le guitariste et compositeur Hasse Poulsen ravivera leurs pertinences d'une nouvelle existence musicale ce prochain 31 Janvier.

 

Avant ce concert, le 24 Janvier, Brian Jackson, qui fut le compositeur et accompagnateur de nombreuses musiques de Gil Scott-Heron, ressourcera les bases du hip-hop aux textes si ciselés de Gil Scott-Heron, avec un quintet de choc magistral en compagnie de M1 (Dead Prez) et Martin Luther (ex- the Roots). G.S.H. savait, avec élégance et profondeur, tisser les liens entre poésie et musique et fut, de fait, un des inventeurs essentiels du spoken-word. Tout cela dans un contexte culturel où, depuis une vingtaine d'années fleurissaient, les expériences poético-musicales grâce aux poètes de la Beat Generation mais aussi Ted Joans, Amiri Baraka, Jayne Cortez, Sonia Sanchez...

 

C'est dans ces multiples racines poétiques afro-américaines que s'inscrit et nourrit l'œuvre contemporaine d'Anthony Joseph. Il nous proposera une nouvelle création "Kumaka" le 6 février. Son expression artistique prolonge le spoken-word. Le londonien de Trinidad enseigne aujourd'hui au Birkbeck College à l'Université de Londres. Son expression et élocution luxuriante évoquent les grands prêcheurs noirs. Anthony Joseph, le word musician, réalise un hybride détonnant des cultures musicales et poétiques noires les plus engagées. Jazz, dub, hip-hop, musiques caraïbes se joignent pour fondre un alliage polyrythmique ardent et interpellant. « La poésie est musique. Elle se doit d'être scandée, chantée, déclamée. Quand j'écris, je pense toujours en termes de sons. » explique Anthony Joseph

 

Une philosophie qui convient totalement à Jacques Rebotier, en concert le 10 février, qui dans un autre champ musical, celui de l'improvisation et musiques contemporaines, défriche un territoire poétique et musical vivant, dynamique, décapant. Humour sans réserve des sons et sens. Ces « poésies téléphones », petites partitions de paroles, intercepte « tout ce qui est téléphoné » dans le langage, « novlangue », contemporain. La musique sert pour disloquer les mots et mauvaises habitudes de pensées, ou plutôt de non-pensées. L'engagement prend l'allure d'un redoutable et joyeux plaisir de vivre qui détruit le mortifère ambiant de notre temps.

 

Autre espace poétique et musical, celui du trio Wasl', les 11 et 12 février. Deux poètes arabes contemporains, Salman Masalha et Hassan Najmi, sont servis par le oud et le chant de Kamilya Jubran, musicienne palestinienne, qui donne une dimension totalement moderne à la musique orientale traditionnelle. La limpidité des textes et leur densité évocatrice sont avivées, déployant une clarté des sens par les musiques entremetteuses et électroniques du trompettiste Werner Hasler et de la contrebassiste Sarah Murcia.

 

Ce parcours poétique à découvrir durant ce Sons d'hiver 2015, nous amène à nouveau à Louis Armstrong : « Pour moi, la poésie... a glissé par un miracle que je ne m'explique pas dans le rythme des mots ». Un miracle qu'il ne faut surtout pas louper. Mingus avait bien saisi l'importance des rapports poésie /musique dans son album « Jazz Symposium of Music and Poetry » en 1957. Une envolée de paroles jaillissantes mêlées aux improvisations des jazzmen traduisaient les polyrythmies, interpellations et cris de la vie, appels et réponses de gospel, dans une composition au titre évocateur « Scenes of the City ».

 

F.B

 

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