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Actus

10/02/15
ELEVES ETUDIANTS DE L'EDIM

Pendant la durée du festival, ce blog accueillera les critiques et analyses de concerts rédigées par des élèves de fin d'études de l'Ecole de Musique Edim.

 

Vincent Peirani Quintet
Cela faisait longtemps que je souhaitais voir le groupe de VP en tant que leadeur. Je l'avais en effet déjà croisé sur la scène Marciacaise cet été auprès de Youn Sun Nah et entendu des échos de ci de là sur ce prodige de l'accordéon.
Me voici bien installée dans un fauteuil rouge de théâtre en compagnie de Valentin Sicot, prêts à partir pour un voyage hors du commun.
 Dès les premières notes d'Emile Parisien, je sais que je suis en bonne compagnie, je me sens rassurée par ses notes qui viennent souffler une chaleur apaisante sur tout le corps. Je reconnais tout de suite son phrasé, je ferme les yeux et je replonge en enfance où je l'avais aperçu plus de dix ans auparavant sous le grand chapiteau de Marciac.
 Un vrai charmeur de serpent !
 Quant à Vincent, il sourit à son complice tellement la communication est devenue simple comme une joie de vivre. 
Des compositions poétiques en passant par des jeux polyrythmiques, la justesse du propos, l'audace et l'humour me frappent aux oreilles.
 Le rappel nous emmène vers d'autres contrées, c'est la musique du coeur, celle qui s'emballe à l'Est, celle des Tsiganes qui chantent leur vie, arrangée et agrémentée par la touche du Quintet, on ne peut être que séduit !

 

 

Chicago Underground Duo

Quelle surprise ! Ces deux musiciens Américains sont incroyables !
I ls ont réussi à faire danser deux grands-parents pour le rappel. Ils étaient prêts à s'échapper quand le batteur a lançé un tempo up be-bop, ils sont restés à mes cotés, se trémoussant canne à la main, une scène mémorable !
 Ce duo, c'est des machines électroniques, une batterie qui cavale, une trompette sans gêne, drôle et excentrique et un Mbira attachant.
 "Qu'est qu'ils ont mangé ces deux là ?" ,me dis-je dans ma tête.
 Ça swing, ça réveille, ça s'en fout du reste, ça joue sans relâche, et ça retombe toujours sur leurs pattes après bien des galipettes périlleuses.
 L'improvisation est continue, bien qu'il y est des parties écrites, des thèmes lyriques, et des motifs minimalistes. Je sors du concert avec une vraie "niaque" de guerrière, j'ai compris pourquoi je voulais tant faire moi aussi quelque chose dans cette sphère jazzistique. 
Je veux m'exprimer en toute liberté.


Athina Boe - 24 ans - chanteuse pianiste. Elève en formation professionnelle depuis 2 ans

 

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Athina Boe me regarde à l'annonce du dernier morceau. Quelque chose semble lui avoir été volé.
Quatrième morceau : je veux un break, il faut que je prenne l'air.
Mais on n'est qu'à la moitié du set et je veux que ça s'arrête.

Si Vincent Jacqz a parfois recours au mot musicalité, il n'a jamais tenté de nous le définir. C'est un mot qui prend sens avec l'expérience. On n'a aucune idée de ce dont il s'agit, mais on sait de quoi on parle.
J'avais tout juste commencé à l'expérimenter au fil de mes (re)découvertes musicales et pratiques personnelles. Et manifestement, ça n'est pas une priorité partout. Complètement étrangère à la démonstration, elle requière une attention/intention inhérente.
Libérée, comme dans les yeux de Nasheet Waits.

Jeudi soir, ce mot s'est fixé dans mon vocabulaire.

Trop de vie en trop peu de temps, je pensais, activé dès l'introduction. Trop de couleurs, de perspectives, trop de danse, je ne vais pas tenir le set. Impossible de me soustraire cinq minutes, je suis avec eux, avec Athina. On se regarde de temps en temps. L'énergie est constante. L'envie des musiciens circule dans toute la salle et il est impossible de refuser d'y participer. On accepte. Ca demande énormément d'énergie mais on les suit.

Un vent d'harmonie a réveillé l'Hôtel de ville de St Mandé.


Quelque chose semble lui avoir été volé : toute une vie avec le quintet de Vincent Peirrani.

 

Valentin Sicot - 19 ans - saxophoniste alto - Elève en formation professionnelle depuis 1 an

 

 

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ANTHONY JOSEPH
Un vrai voyage dans les styles caribéens, dans une formation très intéressante : un batteur, un percussionniste, un bassiste et un saxophoniste. Les musiciens arrivent et prennent leur temps, dès le premier coup sonore, à installer le "groove", l'ambiance. Déjà cette configuration me met dans un autre état d'écoute, il s'agit d'une forme qui sollicite le corps, la transe, avec des rythmes et des lignes de basses circulaires. Après quelques minutes, on sait déjà qu'il faut voyager pour accompagner ce qui va se passer, parce que c'est qu'il ne s'agit pas d'une musique faite, à la base pour des salles comme la salle Jacques Brel, avec des auditeurs bien sages, silencieux et surtout assis confortablement sur leur chaises. Donc ce paradoxe rend le concert intéressant, au même temps un peu répétitif si les oreilles ne dansent pas avec les artistes sur scène.
Quand Anthony Joseph rentre, il va ajouter la parole, la poésie, les histoires de chez lui. Plusieurs façons de dire les choses. Et ça reste son rôle principal. Il ne s'occupe pas de vraiment chanter les mélodies. C'est le saxophoniste qui fait remarquablement ce travail, qui s'alterne entre doubler la basse, créer des riffs ou improviser librement, toujours avec une grande énergie. L'absence d'harmoniciste fait ressortir encore plus l'appel au corps : le rythme. Ils ont reproduit, par exemple, un rythme joué dans des mariages traditionnels. Et par cette voie ils transmettent un peu de leur culture, toujours en mélangeant l'ancien et le moderne. Sans perdre de l'énergie jusqu'au bis. Un peu de chaleur dans une nuit terriblement froide en région parisienne.


ARCHIE SHEPP
Comme si c'était prévu de faire une transition, un lien entre les concerts, ce qui démarre la deuxième présentation de la nuit c'est la parole : on ne voit rien, mais on entend la voix d'Archie Shepp qui nous raconte un peu de l'histoire de résistance politique lié à son travail. Et juste après on voit rentrer une grande équipe.
Accompagné d'orchestra, basse électrique/contrebasse, guitare, piano et deux chanteuses, Archie Shepp gère avec tranquillité sa musique, à l'aide d'un chef d'orchestre qui s'alterne entre donner les signes et jouer son saxophone. On rentre dans le blues jazz, en passant par le funk, le latin et la ballade. Il y a des compositions et de reprises de grands "maitres", comme Louis Armstrong et Duke Ellington. Il passe la plupart du temps à jouer son saxophone, et de temps en temps il chante avec son bon timbre de blues roots, ce qui donne toujours une nouvelle couleur à cette grande formation. Il y a de la place pour le délire instrumental dans les arrangements, beaucoup de place pour les solistes, qui se présentent en avant-scène à chaque fois. Il y a aussi de la place pour des chansons, interprétés par les chanteuses, en alternance.
Il s'agit aussi d'un voyage dans la musique afro-américaine. Finalement, vers minuit, les gens se lèvent pour applaudir et restent debout pour le dernier morceau. Quelques personnes dansent, quelques personnes tapent les mains, quelques personnes chantent, quelques personnes font tout ça à la fois. De cette façon on finit la soirée dignement, comme mérité par ces artistes et surtout pour la musique qu'ils évoquent.


Lilian Akemi
- 28 ans - chanteuse, intervenante musicale. Elève en formation professionnelle (DEM musiques actuelles) à l'EDIM depuis deux ans.

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